Droits humains au Togo Archives - Africa Amnesty International https://www.africaamnestyintl.com/category/droits-humains-au-togo/ Nous luttons contre l’injustice au Togo et dans le monde. Thu, 21 Sep 2023 19:32:09 +0000 fr-FR hourly 1 https://www.africaamnestyintl.com/wp-content/uploads/2019/10/cropped-Amnesty-Internarional-Favicon-32x32.png Droits humains au Togo Archives - Africa Amnesty International https://www.africaamnestyintl.com/category/droits-humains-au-togo/ 32 32 Enjeux climatiques: Amnesty International renforce son engagement au Togo. https://www.africaamnestyintl.com/enjeux-climatiques-amnesty-international-renforce-son-engagement-au-togo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=enjeux-climatiques-amnesty-international-renforce-son-engagement-au-togo https://www.africaamnestyintl.com/enjeux-climatiques-amnesty-international-renforce-son-engagement-au-togo/#respond Wed, 30 Aug 2023 19:27:52 +0000 2170 4705 1501 https://www.africaamnestyintl.com/?p=218025 Les enjeux climatiques font partie intégrantes des nouvelles priorités stratégiques d’Amnesty International. Pour accroître son impact sur la question, elle s’engage, à travers la mobilisation de ses membres et sympathisants pour faire des questions climatiques une préoccupation au sein des communautés. Mobiliser les détenteurs de droits à se mettre au devant de cette lutte est […]

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Les enjeux climatiques font partie intégrantes des nouvelles priorités stratégiques d’Amnesty International. Pour accroître son impact sur la question, elle s’engage, à travers la mobilisation de ses membres et sympathisants pour faire des questions climatiques une préoccupation au sein des communautés. Mobiliser les détenteurs de droits à se mettre au devant de cette lutte est l’un des moyens phares qu’utilise le mouvement pour alerter sur la question. Depuis le Friday For Future et le mouvement lancé par la jeune militante Greta Thunberg, Amnesty International s’est positionnée aux côtés des plus faibles pour renverser la courbe des violations des droits humains liées aux changements climatiques.

Les études ont montré à quel point les mesures prises par les gouvernements et les entreprises pour limiter le réchauffement climatiques et nous protéger de ses conséquences sont très insuffisantes. Tout en interpellant les décideurs politiques et économiques sur leurs responsabilités, les citoyens aussi ont leurs mots à dire. C’est dans ce cadre que les membres d’Africa Amnesty International à Kara se sont engagés depuis quelques mois à mener des actions citoyennes dans leur commune pour préserver l’environnement et limiter, à leur niveau, les dégâts liés au réchauffement. Ils ont procédé en ce jour à une activité de reboisement au quartier Tchintchinda aux côtés d’autres mouvements associatifs.

Les conseillers municipaux et responsables préfectoraux de l’environnement ont été présents également pour participer à l’activité.

Pour plus d’informations sur le climat, vous pouvez télécharger ce flyers d’information.

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Éclairage sur l’Article 19 du PIDCP : L’Essence de la Liberté d’Expression dans un Monde Connecté https://www.africaamnestyintl.com/eclairage-sur-larticle-19-du-pidcp-lessence-de-la-liberte-dexpression-dans-un-monde-connecte/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=eclairage-sur-larticle-19-du-pidcp-lessence-de-la-liberte-dexpression-dans-un-monde-connecte https://www.africaamnestyintl.com/eclairage-sur-larticle-19-du-pidcp-lessence-de-la-liberte-dexpression-dans-un-monde-connecte/#respond Wed, 30 Aug 2023 16:22:08 +0000 2170 4705 https://www.africaamnestyintl.com/?p=218021 Au cœur de la liberté d’expression réside l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, un énoncé puissant qui transcende les frontières et les époques. Cet article affirme le droit inaliénable de chaque individu à exprimer ses pensées et ses idées, ainsi que le droit fondamental d’accéder à l’information. Dans […]

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Au cœur de la liberté d’expression réside l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques de 1966, un énoncé puissant qui transcende les frontières et les époques. Cet article affirme le droit inaliénable de chaque individu à exprimer ses pensées et ses idées, ainsi que le droit fondamental d’accéder à l’information. Dans cet article, nous nous plongeons dans les profondeurs de l’Article 19, explorant son rôle crucial dans notre monde interconnecté.

L’Essence de l’Article 19 du PIDCP : Libérer les voix et l’information

Voudriez-vous vivre dans un monde où les pensées et les idées sont étouffées, où l’information est retenue et filtrée ? L’article 19 brise ces chaînes, libérant les voix de l’oppression et ouvrant les portes de la connaissance. Chaque individu a le droit de s’exprimer, de rechercher des informations et de les partager, que ce soit par la parole, l’écriture, l’art ou les médias numériques.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques reconnaît à travers son article 19 que l’expression humaine est diverse et infiniment créative. Elle ne se limite pas à la parole, mais s’étend à travers une multitude de moyens : l’écriture, le dessin, la danse, la musique et même les plateformes de médias sociaux. Elle embrasse également le droit de chercher, de recevoir et de répandre des informations. Les outils de communication modernes ont étendu notre capacité à exprimer nos opinions et à interagir avec le monde.

Défis dans un Monde Connecté

Alors que la technologie nous rapproche, elle introduit également de nouveaux défis. Les réseaux sociaux peuvent amplifier la désinformation et le discours de haine. L’ombre de la censure peut obscurcir la liberté d’expression en ligne. L’Article 19 nous rappelle que ces défis nécessitent une réponse réfléchie pour préserver l’équilibre entre l’expression individuelle et le bien-être collectif.

Les limites éclairées…

Mais la liberté d’expression n’est pas un ticket pour l’anarchie. Elle doit être accompagnée de responsabilité. Les discours de haine et la désinformation ne sont pas des alliés de la liberté, mais des menaces à son essence même. L’équilibre entre la libre expression et le bien-être collectif est le défi qui nous attend, nous demandant de trouver des limites éclairées qui protègent à la fois les voix individuelles et le tissu social. La liberté d’expression est le souffle de vie de notre société. Elle nous rappelle que chaque voix a une valeur, chaque opinion mérite d’être entendue. Elle est le liant qui maintient nos sociétés ouvertes, démocratiques et dynamiques. En comprenant son importance et en la protégeant avec soin, nous pouvons continuer à bâtir un monde où chacun peut s’épanouir et contribuer à façonner un avenir meilleur. Libérez votre voix et rejoignez le chœur de la liberté d’expression !

Les articles de cette page vous sont proposés dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Activisme dans l’espace numérique » avec le soutien du Ministère fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne.

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Libérez votre voix : Découvrez l’essence vitale de la liberté d’expression https://www.africaamnestyintl.com/liberez-votre-voix-decouvrez-lessence-vitale-de-la-liberte-dexpression/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=liberez-votre-voix-decouvrez-lessence-vitale-de-la-liberte-dexpression https://www.africaamnestyintl.com/liberez-votre-voix-decouvrez-lessence-vitale-de-la-liberte-dexpression/#respond Tue, 29 Aug 2023 11:25:46 +0000 2170 4705 https://www.africaamnestyintl.com/?p=218004 Imaginez un monde où chaque voix compte, où chaque opinion a la chance de s’élever et d’être entendue. Ce monde est à notre portée grâce à un pilier essentiel de notre société : la liberté d’expression. Dans cet article, nous plongeons au cœur de cette liberté fondamentale, explorant son rôle dans la création de sociétés […]

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Imaginez un monde où chaque voix compte, où chaque opinion a la chance de s’élever et d’être entendue. Ce monde est à notre portée grâce à un pilier essentiel de notre société : la liberté d’expression. Dans cet article, nous plongeons au cœur de cette liberté fondamentale, explorant son rôle dans la création de sociétés dynamiques et ouvertes, où chaque individu peut contribuer à façonner le débat public. 

Sans retourner jusqu’aux racines de la liberté d’Expression où nos sociétés commençaient à promouvoir la « libre communication des pensées et des opinions » comme un droit inaliénable, on va juste rappeler ici la place de premier plan que ce droit occupe dans les droits humains. 

L’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme proclame que chacun a le droit à « la liberté d’opinion et d’expression », établissant ainsi un droit sacré à explorer, partager et débattre des idées. 

La Liberté d’Expression : Un Souffle Vital pour la Démocratie 

Imaginez une démocratie sans la liberté d’expression. Une telle démocratie serait comme un orchestre sans mélodie, un océan sans vagues. La liberté d’expression est la toile de fond sur laquelle les citoyens peignent leurs aspirations, leurs critiques et leurs rêves. Elle nourrit le débat public, renforce la participation citoyenne et rappelle aux gouvernements qu’ils sont responsables envers les voix qui les ont élus. 

Un Carrefour de Diversité 

Notre société est un kaléidoscope d’idées, de cultures et de visions du monde. La liberté d’expression est l’étincelle qui allume ce kaléidoscope, faisant danser ses fragments avec une énergie créatrice. C’est dans cet espace de diversité que les nouvelles idées naissent, les solutions émergent et les normes sont défiées. En célébrant la liberté d’expression, nous encourageons une symphonie d’innovation et de progrès. 

La liberté d’expression est le souffle de vie de notre société. Elle nous rappelle que chaque voix a une valeur, chaque opinion mérite d’être entendue. Elle est le liant qui maintient nos sociétés ouvertes, démocratiques et dynamiques. En comprenant son importance et en la protégeant avec soin, nous pouvons continuer à bâtir un monde où chacun peut s’épanouir et contribuer à façonner un avenir meilleur. Libérez votre voix et rejoignez le chœur de la liberté d’expression ! 

Cet article/post vous a été proposé dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Activisme dans l’espace numérique » avec le soutien de la République fédérale d’Allemagne. 

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Togo : Les autorités doivent annuler les condamnations contre les journalistes Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou https://www.africaamnestyintl.com/togo-les-autorites-doivent-annuler-les-condamnations-contre-les-journalistes-ferdinand-ayite-et-isidore-kouwonou/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=togo-les-autorites-doivent-annuler-les-condamnations-contre-les-journalistes-ferdinand-ayite-et-isidore-kouwonou https://www.africaamnestyintl.com/togo-les-autorites-doivent-annuler-les-condamnations-contre-les-journalistes-ferdinand-ayite-et-isidore-kouwonou/#respond Fri, 17 Mar 2023 15:34:25 +0000 4705 1501 1207 4739 4734 4733 https://www.africaamnestyintl.com/?p=217891 Les autorités togolaises doivent annuler la condamnation prononcée le 15 mars 2023 contre les journalistes Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou, a déclaré aujourd’hui Amnesty International. Le 15 mars, le tribunal de première instance de Lomé a condamné Isidore Kouwonou, rédacteur en chef du bihebdomadaire L’Alternative, et Ferdinand Ayité, directeur de publication du même journal, à […]

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Les autorités togolaises doivent annuler la condamnation prononcée le 15 mars 2023 contre les journalistes Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou, a déclaré aujourd’hui Amnesty International.

La lourde condamnation des deux journalistes, qui avaient tenu en 2021 des propos critiques envers deux ministres, porte un coup terrible à une liberté d’expression déjà au plus bas.  

Fabien Offner, Chercheur au bureau d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et centrale

Le 15 mars, le tribunal de première instance de Lomé a condamné Isidore Kouwonou, rédacteur en chef du bihebdomadaire L’Alternative, et Ferdinand Ayité, directeur de publication du même journal, à trois ans de prison ferme et à trois millions de franc CFA d’amende, pour outrages envers les représentants de l’autorité publique et diffusion de fausses informations, comme l’a confirmé leur avocat à Amnesty International.

Isidore Kouwonou, Ferdinand Ayité, ainsi que Joël Vignon Egah, directeur de publication du journal Fraternité, avaient dans une émission intitulée « L’autre journal », diffusée sur Youtube le 30 novembre 2021, qualifié deux ministres du gouvernement togolais de « faux types, de voleurs, de corrompus, de détourneurs de l’argent du pays », comme indiqué dans la citation à comparaitre, consultée par l’organisation. Amnesty International rappelle que, selon les principes du droit international des droits humains, les infractions d’outrage et de propos mensongers, s’ils sont caractérisés, ne devraient pas faire l’objet de peine de prison.

Un mandat d’arrêt international a été lancé contre les deux condamnés, hors du pays au moment du procès. Amnesty International appelle les pays qui seraient concernés par ce mandat d’arrêt à ne pas l’exécuter en raison du risque élevé de détention arbitraire.

Ferdinand Ayité et Joël Vignon Egah avaient été arrêtés pour ces faits les 9 et 10 décembre 2021. Ils avaient été remis en liberté provisoire le 31 décembre de la même année. Isidore Kouwonou, qui n’avait pas été détenu, avait pour sa part été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter Lomé, la capitale du Togo. Joël Egah est décédé le 6 mars 2022.

Si le Code de la presse adopté en 2004 avait dépénalisé les délits de presse, celui de 2020 exclut de son champ d’application les réseaux sociaux, exposant les auteurs de publications en ligne à des peines de prison.

 Amnesty appelle les autorités togolaises à protéger la liberté d’expression et la liberté d’information, conformément à la constitution et aux instruments internationaux de protection des droits humains ratifiés par le Togo, en dépénalisant tous les délits d’opinion quel que soit leur moyen de diffusion.  L’organisation invite les autorités à réviser le code de la presse et la loi N° 2019-009 portant sur la sécurité́ intérieure, qui limitent les libertés d’expression et de presse sous certaines conditions afin de permettre aux journalistes d’exercer leur métier en toute sérénité. 

Fabien Offner

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Bénin – Togo. Le combat contre les groupes armés ne peut en rien justifier les violations des droits humains https://www.africaamnestyintl.com/benin-togo-le-combat-contre-les-groupes-armes-ne-peut-en-rien-justifier-les-violations-des-droits-humains-2/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=benin-togo-le-combat-contre-les-groupes-armes-ne-peut-en-rien-justifier-les-violations-des-droits-humains-2 https://www.africaamnestyintl.com/benin-togo-le-combat-contre-les-groupes-armes-ne-peut-en-rien-justifier-les-violations-des-droits-humains-2/#respond Mon, 19 Sep 2022 15:02:09 +0000 2170 4724 4705 4726 https://www.africaamnestyintl.com/?p=217619 Les autorités du Bénin et du Togo doivent veiller à ce que les droits humains soient respectés dans le cadre de la lutte contre les groupes armés, a déclaré Amnesty International le 27 juillet alors que des informations font état d’arrestations et détentions arbitraires et de violations des droits à la liberté de réunion pacifique et […]

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Les autorités du Bénin et du Togo doivent veiller à ce que les droits humains soient respectés dans le cadre de la lutte contre les groupes armés, a déclaré Amnesty International le 27 juillet alors que des informations font état d’arrestations et détentions arbitraires et de violations des droits à la liberté de réunion pacifique et d’expression, et alors que le président Emmanuel Macron effectue une visite au Bénin les 27 et 28 juillet 2022.

Des personnes ont été arrêtées et placées en détention de façon arbitraire dans ces deux pays, notamment en raison de leur appartenance communautaire. Au Togo, au moins deux rassemblements politiques ont été interdits sous prétexte d’inquiétudes concernant la sécurité nationale, et le directeur d’un journal a été convoqué par une autorité administrative en raison de la une de son journal portant sur une éventuelle « bavure » de l’armée ayant causé la mort de sept enfants – il est par la suite apparu que cette hypothèse était juste –, selon les témoignages recueillis par Amnesty International.

Les forces de sécurité commettent des violations des droits humains dans le cadre de la lutte contre les groupes armés au Bénin et au Togo, en particulier contre des membres du groupe ethnique peul. Ces violations des droits humains risquent de devenir systématiques et de s’aggraver, comme c’est le cas dans des pays voisins qui combattent les mêmes groupes armés depuis plusieurs années. Les autorités béninoises et togolaises doivent maintenant mettre un terme à cette situation. 

Samira Daoud, Directrice régionale pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre à Amnesty International

« La menace que représentent les groupes armés est également utilisée comme prétexte pour restreindre les droits civils et politiques. Dans ses prochains échanges avec les autorités béninoises, le président français Emmanuel Macron ne doit pas passer sous silence ces violations au nom d’une lutte mondiale commune contre le terrorisme, ou au nom des intérêts économiques et politiques de la France. »

Depuis la fin de l’année 2021, les régions du nord du Bénin et du Togo subissent des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières attribuées à Jamaat Nusrat al Islam wal Muslimin (JNIM), un groupe armé lié à Al Qaïda et formé au Mali qui s’étend désormais aux régions septentrionales de plusieurs pays du golfe de Guinée.

État d’urgence

Les autorités du Bénin et du Togo ont adopté des mesures exceptionnelles pour faire face aux attaques des groupes armés.

Le 13 juin 2022, l’état d’urgence sécuritaire a été instauré dans la région des Savanes, dans le nord du Togo, pour une durée de 90 jours, ce qui permet aux autorités d’interdire la circulation et les rassemblements de personnes sur la voie publique, et les policiers et les militaires peuvent interpeller toute personne dont le comportement peut laisser penser qu’elle est susceptible de commette une attaque, selon les propos tenus à la télévision nationale par le ministre de l’Administration territoriale.

Le 29 juin 2022, les autorités béninoises ont annoncé que tout refus ou toute abstention de collaborer avec les forces de sécurité et de défense et avec les autorités locales dans la lutte contre le terrorisme seront considérés comme un soutien aux groupes armés et traités comme tels.

Comme l’a réaffirmé une résolution sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association adoptée par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en juillet 2022, les mesures d’urgence doivent être nécessaires, proportionnées au risque évalué et appliquées de manière légale et non discriminatoire, même en temps de crise. Elles ne peuvent pas être légitimement utilisées pour justifier la répression de l’exercice des droits humains, en particulier dans un contexte où les personnes sont susceptibles d’être intimidées ou menacées par des groupes armés.

Samira Daoud

Arrestations et détentions arbitraires

Dans le nord-est du Bénin, le 19 mars 2022, un homme de 70 ans a été arrêté par la police dans la ville de Tanguiéta, dans le département de l’Atacora qui borde le Burkina Faso. Il a été libéré près de deux semaines plus tard sans avoir été inculpé. Il a tout d’abord été emmené à Cotonou, sur la côte sud, à 587 kilomètres de Tanguiéta, ce qui a nécessité plusieurs jours de trajet. Puis il a été détenu pendant une semaine dans cette ville.

« Il était venu à Tanguiéta pour amener quelqu’un à l’hôpital. Lorsqu’il a quitté l’hôpital, la police est arrivée et lui a demandé s’il était peul. Il a répondu par l’affirmative à cette question, et il a été emmené avec plusieurs autres hommes arrêtés le même jour, a déclaré l’un de ses proches, dont l’anonymat a été préservé pour protéger sa sécurité.

« Pendant le trajet, les policiers les ont frappés dans le dos à coups de crosse de fusil. Ils ont voyagé de nuit et sont restés enfermés pendant la journée. L’un des policiers leur a dit que ce sont les Peuls qui tuent les policiers. »

Au Togo, plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées de façon arbitraire le 16 mai 2022 dans la ville de Timbou, dans la région des Savanes, en raison de leur appartenance au groupe ethnique peul, selon le témoignage de deux personnes interrogées par Amnesty International. Elles ont été détenues par les militaires de Timbou, Dapaong, Biankouri et Cinkassè, sans accès à un avocat, photographiées et libérées les 20 et 21 mai 2022 sans inculpation.

À Kpinkankandi, un homme a été arrêté à son domicile par des soldats dans la nuit du 24 mai 2022 et placé en détention à Dapaong, où il se trouve toujours.

« Les militaires lui ont dit qu’une personne recherchée était entrée chez lui. Ils l’ont menotté et placé dans une cellule à la gendarmerie de Mandouri, puis transféré à la gendarmerie du Borgou, où il se trouve toujours, a déclaré un de ses proches.

« Nous ne comprenons pas pourquoi il a été arrêté, car aucun document ne nous a été communiqué. Un de nos voisins a été arrêté dans les mêmes conditions et il est toujours en détention à Dapaong. »

Un tournant pour les rassemblements pacifiques et le droit à la liberté d’expression

Plusieurs rassemblements de partis politiques de l’opposition ont été interdits ces derniers mois par les autorités togolaises qui ont utilisé le prétexte de la sécurité nationale, alors même que des rassemblements du parti au pouvoir ont été autorisés.

Le 22 juin 2022, le ministère de la Sécurité et de la Protection civile a interdit le rassemblement programmé d’une coalition de partis de l’opposition, déclarant que « le contexte sécuritaire sous-régional et national très préoccupant marqué notamment par la volatilité et une imprévisibilité notoire » risquait de compromettre les efforts en cours pour préserver l’ordre public et la sécurité nationale. Le 29 juin 2022, le préfet d’Agoe-Nyivé a interdit un rassemblement programmé d’un parti d’opposition, invoquant le « contexte sécuritaire sous-régional et national actuel et la nécessité de préserver la sécurité et l’ordre public ».

Le droit à la liberté d’expression est également menacé. Le 11 juillet 2022, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication du Togo a convoqué le directeur de publication du quotidien Liberté à la suite de la une du journal portant sur une possible « bavure » militaire en ce qui concerne la mort de sept enfants du village de Margba le 9 juillet 2022. L’armée a par la suite reconnu sa responsabilité quant à la mort de ces enfants qui ont été pris pour cible par un aéronef qui les a confondus avec « une colonne de djihadistes en mouvement ».

Au Bénin, deux journalistes ont été arrêtés non loin du parc national de la Pendjari alors qu’ils enquêtaient sur l’organisation African Parks. Soupçonnés d’espionnage, ils ont été arrêtés et détenus pendant quatre jours en dehors de tout cadre légal.

Le Bénin et le Togo se trouvent à un tournant, car ils sont pris pour cible de façon croissante par des groupes armés. La communauté internationale, notamment la France, doit insister auprès de ces deux pays sur la nécessité de respecter leurs obligations internationales en ce qui concerne les droits humains et le droit humanitaire, et de veiller à ce que la situation en matière de sécurité ne donne pas lieu aux pratiques arbitraires/abusives observées ces derniers mois.

Samira Daoud

Complément d’information

Le Bénin a subi depuis la fin de l’année 2021 près de vingt attaques menées par des groupes armés, selon le vice-président, dont les propos ont été repris par l’Agence France-Presse, mais les autorités n’ont fait état que de certaines de ces attaques. Le Togo a quant à lui subi au moins quatre attaques visant des membres des forces de défense et de sécurité et des civil·e·s depuis novembre 2021.

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PASSAGE PROCHAIN DU TOGO A L’EPU : LES OSC LOCALES RENFORCENT LEUR CAPACITE https://www.africaamnestyintl.com/passage-prochain-du-togo-a-lepu-les-osc-locales-renforcent-leur-capacite/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=passage-prochain-du-togo-a-lepu-les-osc-locales-renforcent-leur-capacite https://www.africaamnestyintl.com/passage-prochain-du-togo-a-lepu-les-osc-locales-renforcent-leur-capacite/#respond Wed, 19 May 2021 14:08:34 +0000 2170 4705 https://www.africaamnestyintl.com/?p=216928 Un atelier regroupant les Organisations de la société civiles (OSC) a débuté hier 17 Mai 2021 au siège d’Amnesty International-Togo (AI-Togo) à Lomé. Objectif, renforcer les capacités des défenseurs des droits humains pour qu’ils s’engagent effectivement et stratégiquement avec les Nations-Unies et particulièrement à travers le processus de l’Examen Périodique Universel (EPU) devant le conseil des […]

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Un atelier regroupant les Organisations de la société civiles (OSC) a débuté hier 17 Mai 2021 au siège d’Amnesty International-Togo (AI-Togo) à Lomé. Objectif, renforcer les capacités des défenseurs des droits humains pour qu’ils s’engagent effectivement et stratégiquement avec les Nations-Unies et particulièrement à travers le processus de l’Examen Périodique Universel (EPU) devant le conseil des droits de l’homme; mais aussi à pouvoir produire de bons rapports alternatifs en prélude au passage du Togo lors de cet Examen.

C’est M. Adjévi-Zan LASSEY, coordonnateur EDH, qui a souhaité la bienvenue aux participants venus des quatre coins du Togo. Il a situé la rencontre dans son contexte. Mais pour lui ce n’est pas évident que chacun d’entre nous soit vraiment à la hauteur des attentes. En un mot, cet atelier qui créera un cadre de travail en synergie pour avoir des données consolidées et fiables s’adresse à plus de 30 défenseurs des droits humains, 38 plus exactement représentant des ONG issues des cinq régions du pays comme on le disait tantôt.

Après cette intervention, ce fut le tour du directeur de la section, Mr Aimé ADI d’ouvrir l’atelier. Dans son mot d’ouverture, il a souhaité la bienvenue à tous les participants avant de faire une communication sur le thème : « Introduction au processus de l’EPU ».

D’entrée de jeu de son intervention, le Directeur a fait comprendre qu’en fait, l’EPU n’est pas un organe de traité. Il dépend du conseil des droits de l’homme. De plus, c’est un examen où ce sont les Etats qui s’autoévaluent. C’est un cycle, une sorte d’un éternel recommencement où chaque état passe tous les 4 ans.

Le directeur n’a pas manqué de faire un clin d’œil au système des Nations Unies où il existe plusieurs mécanismes dont des traités, les chartes etc.

Il faut souligner que l’atelier est financé par LIFELINE for embattled civil society organisations à travers l’ATEDHD, L’Association Togolaise pour l’Education aux Droits de l’Homme et à la Démocratie (ATEDHD) qui s’est occupée de l’organisation avec l’appui technique d’Amnesty International-Togo.

Jean-David M.

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Les Organisations de la Société Civile se préparent pour le prochain Examen Périodique Universel (EPU) du Togo. https://www.africaamnestyintl.com/les-organisations-la-societe-civile-se-prepare-pour-le-prochain-examen-periodique-universel-epu-du-togo/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=les-organisations-la-societe-civile-se-prepare-pour-le-prochain-examen-periodique-universel-epu-du-togo https://www.africaamnestyintl.com/les-organisations-la-societe-civile-se-prepare-pour-le-prochain-examen-periodique-universel-epu-du-togo/#respond Mon, 17 May 2021 14:22:10 +0000 2170 4705 https://www.africaamnestyintl.com/?p=216923 Les droits humains continuent de souffrir au Togo malgré les engagements de l’Etat togolais à les respecter. En janvier prochain, le Togo passera devant le Conseil des droits de l’Homme dans le cadre de l’Examen Périodique Universel. Pour ce faire, les organisations de la société civile doivent se mobiliser pour porter haut des recommandations devant […]

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Les droits humains continuent de souffrir au Togo malgré les engagements de l’Etat togolais à les respecter. En janvier prochain, le Togo passera devant le Conseil des droits de l’Homme dans le cadre de l’Examen Périodique Universel. Pour ce faire, les organisations de la société civile doivent se mobiliser pour porter haut des recommandations devant ce conseil à travers des rapports alternatifs qu’elles soumettront.

C’est dans ce cadre que L’Association Togolaise pour l’Education aux Droits de l’Homme et à la Démocratie (ATEDHD), avec l’appui financier de Lifeline for embattled civil society organizations et le soutien technique d’Africa Amnesty International, réunit certaines ONG locales pour rédiger des rapports alternatifs en vue d’amener le gouvernement togolais à honorer ses engagements en matière des droits humains et à garantir un environnement propice à leur épanouissement.

Cet atelier qui se déroule du lundi 17 au Mercredi 19 Mai 2021 à Lomé, réunit une vingtaine d’ONG venues de tout le Togo et intervenant dans des secteurs aussi différents que variés.

« L’EPU est un moment propice pour rappeler à chaque Etat ses obligations en matière des droits humains. Au Togo, c’est une occasion pour nous de nous mobiliser davantage si nous voulons un Togo où chaque personne peut jouir de ses droits fondamentaux », dixit le Directeur Exécutif de ATEDHD, Mr Awesso Padawi,.

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Justice pour les victimes… https://www.africaamnestyintl.com/justice-pour-les-victimes/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=justice-pour-les-victimes https://www.africaamnestyintl.com/justice-pour-les-victimes/#respond Fri, 26 Mar 2021 17:25:47 +0000 4705 1501 https://www.africaamnestyintl.com/?p=216826 AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY Kokou Joseph, MOUFIDOU Idrissou, NAWA Ino Tchakondo… Ils ne répondront plus à l’appel mais leurs familles font vœu de ne point les oublier, surtout sans que la justice ne soit rendue. Ils ont été victimes de l’utilisation excessive de la force par les responsables d’application de la loi et malgré que des […]

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AGRIGNA Rachad, ZOUMEKEY Kokou Joseph, MOUFIDOU Idrissou, NAWA Ino Tchakondo…

Ils ne répondront plus à l’appel mais leurs familles font vœu de ne point les oublier, surtout sans que la justice ne soit rendue.

Ils ont été victimes de l’utilisation excessive de la force par les responsables d’application de la loi et malgré que des plaintes soient déposées depuis 2017 pour certains et 2018 pour d’autres, personne n’a été mis en cause pour leur décès.

Pour se soutenir mutuellement dans ce combat pour la justice et ainsi lutter contre l’impunité, les quatre familles se sont mis ensemble dans un collectif.  

« C’est un cadre informel pour mutualiser nos énergies, nos ressources et utiliser au mieux les mécanismes légaux à notre portée pour faire la lumière sur la mort de nos enfants et proches. D’autres familles qui sont dans le cas et qui ont besoin d’engager une procédure légale ou qui veulent contribuer à faire cesser l’impunité sont les bienvenues. Nous croyons à la capacité de chaque citoyen pour faire briser le silence et lutter contre l’impunité »

Entre 2017 et 2019, plusieurs manifestations ont été organisées à travers le pays par des partis d’opposition et des organisations de la société civile pour réclamer des réformes constitutionnelles. Les forces de sécurités ont fait un usage excessif de la force ayant entrainé la mort d’au moins 15 personnes dont trois enfants à Bafilo et à Lomé. Le gouvernement Togolais a indiqué avoir ouvert des enquêtes sur ces faits.

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Togo. La décision de la Cour de justice de la CEDEAO envoie un message clair que les coupures volontaires d’Internet violent la liberté d’expression https://www.africaamnestyintl.com/togo-la-decision-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-envoie-un-message-clair-que-les-coupures-volontaires-dinternet-violent-la-liberte-dexpression/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=togo-la-decision-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-envoie-un-message-clair-que-les-coupures-volontaires-dinternet-violent-la-liberte-dexpression https://www.africaamnestyintl.com/togo-la-decision-de-la-cour-de-justice-de-la-cedeao-envoie-un-message-clair-que-les-coupures-volontaires-dinternet-violent-la-liberte-dexpression/#respond Fri, 26 Mar 2021 16:13:41 +0000 4705 https://www.africaamnestyintl.com/?p=216818 La décision du tribunal régional qui reconnaît que les autorités ont violé le droit à la liberté d’expression en coupant Internet lors des manifestations de l’opposition en 2017 est une victoire pour toutes les personnes au Togo, y compris les activistes et défenseurs des droits humains mobilisés contre cette violation des droits humains, ont déclaré […]

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La décision du tribunal régional qui reconnaît que les autorités ont violé le droit à la liberté d’expression en coupant Internet lors des manifestations de l’opposition en 2017 est une victoire pour toutes les personnes au Togo, y compris les activistes et défenseurs des droits humains mobilisés contre cette violation des droits humains, ont déclaré Amnesty International et plusieurs organisations locales, jeudi 25 juin.

La Cour de justice de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a jugé que la restriction de l’accès à l’Internet opérée du 5 au 10 septembre et de nouveau du 19 au 21 septembre 2017, était non fondée par la loi et constituait une violation de la liberté d’expression. 

« La décision de la Cour est une victoire très importante pour les droits humains. Elle affirme non seulement que les coupures d’Internet ont été imposées en violation de la liberté d’expression, mais elle demande aussi aux autorités togolaises de prendre toutes les mesures nécessaires pour la non-répétition d’une telle situation, notamment en adoptant des lois et règlements en la matière, conformes aux droit humains, » a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à  Amnesty International.

« Le jugement rendu peut aussi être entendu comme un message adressé aux autres Etats de la région qui ont recours à des coupures d’Internet lors des élections ou des manifestations pour museler les voix dissidentes. Toutes les autorités doivent s’abstenir de telles coupures pour garantir le droit à la liberté d’expression, conformément à leurs obligations en matière de droits humains.»

En décembre 2018, sept Organisations non gouvernementales (ONG) basées au Togo et une journaliste blogueuse ont saisi la Cour de justice pour dénoncer la violation par les autorités de la liberté d’expression.

Les plaignants sont Africa Amnesty International, l’Institut des médias pour la démocratie et les droits de l’homme (IM2DH), La Lanterne, Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), l’Association des victimes de torture au Togo (ASVITTO), la Ligue des consommateurs du Togo (LCT), l’Association togolaise pour l’éducation aux droits de l’Homme et à la démocratie (ATEDHD) et la journaliste Houefa Akpedje Kouassi.

Les coupures volontaires d’Internet ont fait partie de l’arsenal répressif utilisé par les autorités togolaises pour étouffer les manifestations de masse organisées depuis la mi-août 2017 appelant à des réformes constitutionnelles, dont la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Les autorités avaient interdit certaines manifestations. L’usage excessif de la force par les forces de sécurité avait généré des violences entrainant la mort d’au moins 11 personnes dont des enfants.  Plus de 200 manifestants avaient été arrêtés.

Du 5 au 10 septembre 2017, les autorités ont limité l’accès à Internet dans le pays, coïncidant avec les manifestations prévues par plusieurs partis d’opposition et la société civile pendant trois jours entre le 6 et le 8 septembre.

L’organisation de ces manifestations avait été médiatisée sur les réseaux sociaux, tels que Facebook, WhatsApp et Twitter.

« Cette coupure a empêché la société civile de s’organiser pour les manifestations, de s’exprimer et d’informer sur la mobilisation, ainsi que de documenter et informer les personnes au Togo et au-delà, concernant les violations des droits humains et la répression par les forces de sécurité. A cela se sont ajoutées l’impossibilité pour tout individu de communiquer pendant ces jours et des conséquences économiques néfastes pour le pays, » a déclaré Bonnaventure Mawuvi N’Coué de l’Institut des médias pour la démocratie et les droits de l’homme (IM2DH).

Selon les informations obtenues par les plaignants, les coupures d’Internet ont également eu pour conséquence d’entraver la vie quotidienne et professionnelle de la population togolaise.

Pendant cette période, toute personne vivant au Togo a eu des difficultés pour, par exemple, transférer de l’argent, garantir la sécurité ou la santé des membres de sa famille et pour travailler. L’impact financier des coupures a également été évalué.   
 

SIGNATAIRES 

1-LCT (Ligue des Consommateurs du Togo
2-ACAT TOGO (Action Chrétienne pour I’Abolition de le Torture) Togo
3-ASVITTO (Association des Victimes de Tortures au Togo)
4-La Lanterne
5-ATEDHD (Association Togolaise pour I’Education aux Droits Humains et à la Démocratie)
6-IM2DH (Institut des Médias pour la Démocratie et les Droits de I’Homme),
7-Africa Amnesty International
8-Akpedje Houefa KOUASSI, une journaliste activiste des droits humains

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Togo. La suspension d’un journal met la liberté d’expression à rude épreuve https://www.africaamnestyintl.com/togo-la-suspension-dun-journal-met-la-liberte-dexpression-a-rude-epreuve/?utm_source=rss&utm_medium=rss&utm_campaign=togo-la-suspension-dun-journal-met-la-liberte-dexpression-a-rude-epreuve https://www.africaamnestyintl.com/togo-la-suspension-dun-journal-met-la-liberte-dexpression-a-rude-epreuve/#respond Tue, 31 Mar 2020 23:34:00 +0000 2170 4705 4640 1148 1207 https://www.africaamnestyintl.com/?p=216708 En réaction à la décision prise hier par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) du Togo de suspendre le journal ‘’Fraternité’’ pour deux mois, Marceau Sivieude, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International a déclaré :  « La sanction infligée au journal ‘’Fraternité’’ est disproportionnée. Elle constitue […]

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En réaction à la décision prise hier par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) du Togo de suspendre le journal ‘’Fraternité’’ pour deux mois, Marceau Sivieude, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International a déclaré :

 « La sanction infligée au journal ‘’Fraternité’’ est disproportionnée. Elle constitue une attaque contre les médias en général et une violation du droit à la liberté d’expression. Les autorités du Togo doivent immédiatement lever cette décision ainsi que la suspension des journaux ‘’Alternative’’ et ‘’Liberté’’. 

D’une manière générale et en particulier en ces temps de pandémie du COVID-19, les autorités Togolaises doivent garantir le droit des populations à l’accès à l’information et veiller à ce que les médias puissent faire leur travail sans crainte et sans intimidation ni harcèlement. 

Marceau Sivieude, directeur régional adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale à Amnesty International

« Dans un contexte post-électoral encore fragile, il est important pour la HAAC de garantir la promotion de la liberté d’expression plutôt que d’exercer des pressions sur un média qui n’a fait que relayer l’opinion d’un journaliste sur une décision de cette institution.  

« D’une manière générale et en particulier en ces temps de pandémie du COVID-19, les autorités doivent garantir le droit des populations à l’accès à l’information et veiller à ce que les médias puissent faire leur travail sans crainte et sans intimidation ni harcèlement. »

Complément d’information

Hier, la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), l’organe de régulation des médias au Togo, a suspendu l’hebdomadaire « Fraternité » pour deux mois après avoir entendu Joel Vignon Kossi Egah, son directeur de publication.

Ce dernier, dans les colonnes de son journal et au cours d’une émission radio, avait critiqué en parlant de « zèle » la décision prise le 23 mars, par l’organe de régulation, de suspendre deux journaux d’opposition ‘’Alternative’’ et ‘’Liberté’’ à la suite d’une plainte pour diffamation de l’ambassadeur de France au Togo.

Ce dernier avait porté plainte auprès de la HAAC contre le quotidien ‘’Liberté’’ à la suite d’un article publié le 3 mars, et qui, selon lui ‘’contient des accusations graves, infondées et calomnieuses contre l’ambassadeur de France et son pays’’.  

L’ambassadeur avait également porté plainte auprès de la HAAC contre le bi-hebdomadaire ‘’Alternative’’ à la suite d’un article paru le 28 février dernier sur Frank Paris, le conseiller Afrique du président français Emmanuel Macron. Selon l’ambassadeur, l’article contenait, « des accusations graves, infondées et calomnieuses ».

Le journal  »Liberté » a été suspendu pour deux semaines, et  »Alternative » pour deux mois par la HAAC. Bien que des restrictions au droit à la liberté d’expression peuvent être permises pour garantir la protection des droits et de la réputation d’autrui, de telles restrictions doivent être nécessaires et proportionnées.   
Ce sont ces suspensions que le journaliste Joel Vignon Kossi Egah, avait dénoncé. 

Hier, l’organe de régulation l’a auditionné et qualifié ses propos de « discourtois, injurieux et diffamatoires à l’endroit des membres de la HAAC ». Il s’en est suivi une suspension de deux mois de son journal.

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