Profitons de la journée internationale de lutte contre l’excision, le 6 février pour remettre les projecteurs sur ce mal !
L’excision, ou mutilation génitale féminine (MGF), est une pratique qui consiste à altérer ou à enlever partiellement ou totalement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. Bien que le Togo ait fait d’importants progrès pour son éradication, cette pratique persiste dans certaines régions du pays, mettant en danger la santé et les droits fondamentaux des filles et des femmes.

Un cadre légal strict, mais des résistances culturelles
Le Togo a interdit l’excision depuis 1998 avec la loi n°98-016 du 17 novembre, renforcée par le Code pénal de 2015 qui prévoit des peines allant jusqu’à 10 ans de prison et des amendes pour les auteurs de cette pratique. Le pays a également ratifié plusieurs conventions internationales, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) et le Protocole de Maputo.
Cependant, l’excision demeure ancrée dans certaines traditions locales, notamment au sein des communautés du nord du Togo, où elle est perçue comme un rite de passage à l’âge adulte ou un moyen de préserver la « pureté » des filles. La pression sociale et les croyances culturelles ralentissent son abandon total.
Des conséquences dramatiques sur la santé des filles et des femmes
Les mutilations génitales féminines n’ont aucun bénéfice médical et entraînent de lourdes conséquences :
· Complications sanitaires : infections, hémorragies, douleurs chroniques, difficultés à uriner et à accoucher.
· Conséquences psychologiques : anxiété, dépression, stress post-traumatique.
· Impact sur la vie sociale et économique : abandon scolaire, mariages précoces et réduction des opportunités professionnelles pour les victimes.
En plus des campagnes d’information, des dialogues communautaires et des alternatives aux rites traditionnels qui sont mis en place pour encourager l’abandon volontaire de cette pratique, le rôle des leaders communautaires et religieux est crucial. Lorsque ces figures d’autorité s’impliquent, le message passe plus efficacement au sein des communautés.
Un appel à l’engagement citoyen

« La lutte contre l’excision n’est pas seulement une affaire de lois. Elle doit impliquer chaque citoyen : parents, enseignants, jeunes, professionnels de santé et autorités locales.
Pour éradiquer définitivement cette pratique, il est essentiel de renforcer l’éducation des jeunes filles et garçons sur leurs droits, de sensibiliser les familles et de signaler les cas aux autorités compétentes. » a souligne Sonia MITCHIKPE, la chargée de campagnes.
Le Togo a fait d’importants progrès, mais l’ultime victoire contre l’excision passera par une prise de conscience collective et un engagement fort de toute la société. Ensemble, nous pouvons garantir un avenir plus sûr et épanoui aux filles et aux femmes du pays.

